lundi 8 novembre 2010

C'est bon pour la santé


Les joies de la cantine.
Cette chanson de Pierre Perret m'a bien fait rigoler.

Je comprends pas maman, que ça t'affole
Ça qu'on mange à la cantine de l'école
Ils l'on bien précisé, tout est pulvérisé
Traité, piqué, aseptisé, ça peut pas nous peser



Pourtant elle montre une réalité cruelle, éducation industrielle, bouffe industrielle.
Et y a pas intérêt à moufeter pendant qu'on avale, comme en classe.
Je me souviens de ma cantine en primaire, on n'avait pas le droit de boire avant d'avoir fini le plat principal.
Il n'y a pas de pouvoir, il n'y a que de l'abus de pouvoir.

Dans le journal de ma commune dernièrement, un article sur la restauration scolaire.
"Du bio dans les assiettes" annonce le titre ronflant. Enfin à hauteur de 10% pour cette année. Les habitudes, les filières, tout ça. Les petites bouches attendront pour manger sain. Mais qu'elles se rassurent, la prestation sera assurée "par l'une des sociétés major". Ça augure bien.

Pas si loin de chez nous Jamie Oliver a essayé de faire bouger les choses dans les cantines scolaires. Assez édifiant de voir les choses de l'intérieur, l'ampleur de la catastrophe, la logique économique qui règne en maître, les élèves étant au bout de la chaîne de production, à consommer ce qu'on leur propose comme des poulets de batterie, au mépris du bon sens, de leur santé, de leur dignité. Vraiment glaçant.

Dans l'express on peut lire un entretien entre les deux auteurs du livre Cantines, le règne de la mal-bouffe ? aux Editions Mordicus.

Philippe Durrèche: "Il faut commencer par rappeler que 80% des villes délèguent leur restauration scolaire à des sociétés privées, dont le seul objectif est de gagner de l'argent avec des repas qui coûtent 2 euros l'unité. Comment faire? On rogne sur la matière première. Au lieu du gigot, on met des boulettes d'agneau. Dans la paupiette de veau, l'escalope de veau n'est pas de l'escalope, trop chère, mais de la dinde hachée qui a été retexturée pour lui redonner un format de viande. Dans les cordons bleus, ce n'est pas de la volaille mais de la peau de volaille - une horreur diététique! Et, à la place des fromages, on sert des "spécialités fromagères", des cochonneries bourrées de polyphosphates."
"Un marché sur deux est attribué par favoritisme ou corruption. Et quand des parents d'élèves demandent une vérification, il arrive trop souvent que le maire ne fasse rien ou mandate un cabinet-conseil bidon."


Et bon appétit bien sûr.

mercredi 7 juillet 2010

Tous des matons


"Ouest-France / Pays de la Loire / La Roche-sur-Yon
La Roche sur Yon
La punition fait bondir les parents
samedi 03 juillet 2010

A Venansault, des enfants ont dû se mettre à genoux pour aller chercher leur repas. « Humiliation » disent les parents.
Ce devait être la fête. Le pique-nique de fin d'année organisé par la cantine municipale de Venansault a tourné au cauchemar pour une dizaine d'enfants de 8 à 11 ans. Des parents n'hésitent pas à employer le mot « humiliation ».

Kléber, le père d'un garçon de 8 ans, raconte : « On leur a infligé une punition en leur faisant remarquer : vous traitez le personnel de la cantine comme des chiens, vous allez manger comme des chiens. Dehors en plein soleil, jeudi, ça cognait. Devant tout le monde, on les a obligés à se mettre à genoux et à aller chercher leur repas à genoux. Mon fils n'avait pas osé en parler, à son retour de l'école, jeudi soir, pensant qu'il avait fait une grosse bêtise. C'est une maman, dont le fils a subi le même sort, qui m'a demandé vendredi si j'étais au courant de ce qui s'était passé. »

Les parents admettent qu'il y a des enfants « difficiles, turbulents ». « C'est le mode de punition qui ne nous plaît pas », soulignent-ils. Du coup, ils ont rencontré le maire, Laurent Favreau, hier soir. L'élu, qui a assisté à la scène, jeudi, promet une réunion en début de semaine prochaine. « C'était un pique-nique organisé à l'extérieur de la salle polyvalente, comme le fait tous les ans l'association qui gère la cantine scolaire », explique-t-il. « J'ai salué des gens. C'est vrai, j'ai vu des enfants à genoux, mais je n'ai pas su les raisons. Je ne connais pas le début de l'affaire. On en discutera lors d'une réunion avec les responsables de la cantine, les parents et la municipalité. »

Les parents n'entendent pas en rester là. Ils ont l'intention de porter plainte, aujourd'hui, à la brigade de gendarmerie de La Roche-sur-Yon."


Je dédie cet article à tous les parents qui pensent être vigilants et impliqués dans la vie de l'école de leurs enfants. Quand le chat n'est pas là...
A noter que le maire à été témoin de la scène mais s'est courageusement abstenu d'intervenir.
Avec cette affaire, je ne peux pas m'empêcher de penser aux fantaisies américaines d'Abou Ghraib.

lundi 7 juin 2010

Et on tuera tous les affreux: Meirieu

"D’autant plus que c’est bien « l’élève » et non pas « l’enfant » qu’il s’agit de mettre au centre du système : « l’élève » défini justement comme « un enfant confronté aux savoirs par un adulte ». L’élève qui est le seul à devoir et pouvoir apprendre… même si la responsabilité du maître demeure immense et irremplaçable : créer obstinément les conditions les plus favorables pour que s’opère cet apprentissage."

Philippe Meirieu "Lettre à un ami ministre (Luc Ferry)"


Philippe Meirieu est le prototype de l'homme de gauche, qui a décidé d'œuvrer dans le domaine éducatif. De ce fait l'école est pour lui un pilier républicain intouchable qui doit garantir l'égalité de tous. Sans originalité il défend la Pédagogie, plaçant hypocritement l'élève au cœur de ses attentions. Il se prend régulièrement le bec avec ses adversaires de droite, prônant inlassablement le changement de méthode; toutes les méthodes ont été essayées mais il faut persévérer ! Il perçoit vaguement la contradiction qu'il y a à vouloir intéresser de force un élève à des notions choisies par un adulte (il a été membre du conseil national des programmes), du coup il oscille cahin-caha entre la fermeté et la fausse bienveillance, la pédagogie (une ruse) étant bien sûr le moyen de résoudre cette inconséquence.

"- pendant son éducation, l'enfant doit donc rester sous la sujétion des adultes qui décident de son éducation en lui "présentant le monde... " ce n'est qu'après l'éducation, quand celle-ci est terminée que le sujet peut se dégager de l'emprise éducative et exercer sa liberté."

Cours de pédagogie n°5

Ses cours de pédagogies sont saisissants, remplis de schémas en couleur et de citations de maîtres, une sorte de délire universitaire totalement creux et artificiel où Meirieu finit par se citer lui-même, vraiment très inquiétant.

Meirieu a de la culture, il aime honorer ses prédécesseurs dans le domaine de la pédagogie. J'ai découvert sur son site Albert Thierry, "L'homme en proie aux enfants", qui résume magistralement la situation de ce pauvre Meirieu, entre désenchantement, bonne volonté et fantasmes autoritaires mal assumés.

"J'admire l'efficace de ma pédagogie contre les garçons qui choisissent dans la manne. J'ai mission de leur fournir de la culture : ils l'avaleront, dussé-je appliquer la question de l'eau."

"Je vis un jour le Marcel brun souffrir sous ma pensée comme on souffre sous le fer rouge."

Albert Thierry, "L'homme en proie aux enfants"


Philippe Meirieu n'est pas qu'un homme d'idées, il agit concrètement et s'investit depuis peu dans l'action politique, il utilise avec succès la mascarade électorale et comme beaucoup de ses camarades lassés des échecs du PS, il arbore l'étiquette gagnante d'Europe Ecologie.

Philippe Meirieu a collaboré avec le sinistre Marcel Ruffo récemment en commettant le livre Élever votre enfant de 6 à 12 ans.

Le mot de la fin au pétulant Albert Thierry:
"Je consens [...] que des idéals de ma jeunesse vous fassiez un fumier pour les vôtres."
Et l'on ne va pas se gêner.

mercredi 26 mai 2010

- École: Petites violences ordinaires à la sauce nippone -

Le Régal de janvier/février 2010 propose un article passionnant sur la cantine
scolaire au Japon.

Un article rédigé par une maman japonaise invitée à la fête de l'école de sa fille de 9 ans qui nous raconte donc comment se passent les repas des enfants japonais scolarisés.
Le plus déconcertant il me semble: l'écolier ne déjeune pas dans une cantine ou un réfectoire mais à son pupitre, à sa table de travail, dans sa salle de classe et face à son enseignant. Une photo illustre la scène:




















Ainsi donc à partir de 6 ans je suppose, les petits japonais scolarisés mangent seuls, dans le lieu-même où ils étudient, où ils travaillent; en présence de leur professeur. Par conséquent pas de table commune, pas de discussions avec les camarades, d'interaction, de trêve, en un mot de liberté. Le repas se déroule dans la continuité du temps de travail: l'élève ingurgite les connaissances, puis avale son repas.
Loin de moi la volonté d'idéaliser la bonne vieille cantoche de notre enfance mais là je dois dire que faire manger un petit enfant à son poste de travail avec pour seul horizon le dos de ses camarades et la face de son prof...

Je me souviens très bien de mes déjeuners à la cantine en primaire, repas très moyens (le hachis parmentier super, le céleri rémoulade atroce, le reste simplement industriel), surveillants autoritaires (interdiction de boire de l'eau avant de manger), le réfectoire très bruyant (défoulement légitime), mais à côté de ça un répit tout de même, des conversations, des déconnades, des trucs d'enfants en somme, quelquechose qui s'apparentait à de la convivialité.

Mais revenons à cet article édifiant; le service est assuré par les enfants eux-mêmes, à tour de rôle. Ils apportent les plateaux, débarrassent et nettoient les tables. Ils portent des masques et des tenues blanches pour "ne pas salir la nourriture".
Je ne sais pas si les japonais sont particulièrement portés sur l'hygiène, ou si la nourriture revêt là-bas une sorte de caractère un peu sacré mais l'idée de porter des protections lors des repas me
hérisse particulièrement, évoque pour moi l'hôpital, la prison, l'institution. Comme si la personne était sale, souillée, contaminée ou encore comme si la nourriture raffinée qu'on lui sert s'adressait à quelqun de plus digne qu'elle.

Ceci étant dit et Régal étant un magazine consacré à la cuisine, on revient rapidement à la cuisine elle-même: les menus sont établis par des nutritionnistes, selon la saison, et donc sains, équilibrés et délicieux. Le lecteur salivera à l'évocation de gambas panées ou d'anguille en sauce douce.




















L'auteur précise cependant: "Souvent, les enfants ne mangent pas comme il faut. Alors les adultes les forcent, du coup, parfois, la cantine devient pour eux un cauchemar...". C'est honnête de sa part de le reconnaître, et cela valorise sans doute les petits élèves qui sont à la dure dès l'enfance, gage de réussite future grâce à la discipline ainsi acquise.

Japon, fascinant Japon... sa culture raffinée, ses fleurs de cerisiers emportées par le vent, sa technologie de pointe en matière de robotique; c'est tout cela le Japon, et finalement rien d'étonnant à ce que cela commence dès le berceau, dès l'école.

samedi 22 mai 2010

Manger pour oublier

"Parfois, c'est horrible je sais, j'ai des vœux de mort envers mes instituteurs pour toutes les remarques désobligeantes à mon égard et leur manque de psychologie"

"Je me souviens qu'on m'a reproché de réciter du Anatole France trop tristement, je me souviens qu'on m'a fait pleurer jusqu'à ce que je hoquette d'une voix entrecoupée de sanglots les couplets stupides d'une chanson qui s'appelait "Toc le tapir", je me souviens qu'on a convoqué mes parents parce que je n'avais pas su reproduire un tube digestif."

Le blog de Patoumi

samedi 15 mai 2010

21,6%

C'est le nombre de "lecteurs inefficaces" repérés au cours de la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) 2008.
Source: Eduscol

lundi 12 avril 2010

Anthologie de la connerie militaire d'expression française.

Conjugaison. -Être patriote: au passé et au plus-que-parfait du subjonctif, - au participe (présent et passé).
Nos lectures. CM, CH. Charrier. Ed. Hatier (1918).

Ainsi Paul est docile et bon, studieux à l'école; on peut dès maintenant prédire qu'il sera un honnête homme.
Cours d'histoire. G. Ducoudray. Ed. Hachette 1895.

Rester toujours souriants et montrer dans la description des calamités historiques une bonhommie contagieuse.
Instructions aux professeurs. B.O. de l'Education Nationale, cité par J. Teppe.

Anthologie de la connerie militaire d'expression française. Vol. I, Lucien Seroux, AAEL.