
Cette chanson de Pierre Perret m'a bien fait rigoler.
Je comprends pas maman, que ça t'affole
Ça qu'on mange à la cantine de l'école
Ils l'on bien précisé, tout est pulvérisé
Traité, piqué, aseptisé, ça peut pas nous peser
Pourtant elle montre une réalité cruelle, éducation industrielle, bouffe industrielle.
Et y a pas intérêt à moufeter pendant qu'on avale, comme en classe.
Je me souviens de ma cantine en primaire, on n'avait pas le droit de boire avant d'avoir fini le plat principal.
Il n'y a pas de pouvoir, il n'y a que de l'abus de pouvoir.
Dans le journal de ma commune dernièrement, un article sur la restauration scolaire.
"Du bio dans les assiettes" annonce le titre ronflant. Enfin à hauteur de 10% pour cette année. Les habitudes, les filières, tout ça. Les petites bouches attendront pour manger sain. Mais qu'elles se rassurent, la prestation sera assurée "par l'une des sociétés major". Ça augure bien.
Pas si loin de chez nous Jamie Oliver a essayé de faire bouger les choses dans les cantines scolaires. Assez édifiant de voir les choses de l'intérieur, l'ampleur de la catastrophe, la logique économique qui règne en maître, les élèves étant au bout de la chaîne de production, à consommer ce qu'on leur propose comme des poulets de batterie, au mépris du bon sens, de leur santé, de leur dignité. Vraiment glaçant.
Dans l'express on peut lire un entretien entre les deux auteurs du livre Cantines, le règne de la mal-bouffe ? aux Editions Mordicus.
Philippe Durrèche: "Il faut commencer par rappeler que 80% des villes délèguent leur restauration scolaire à des sociétés privées, dont le seul objectif est de gagner de l'argent avec des repas qui coûtent 2 euros l'unité. Comment faire? On rogne sur la matière première. Au lieu du gigot, on met des boulettes d'agneau. Dans la paupiette de veau, l'escalope de veau n'est pas de l'escalope, trop chère, mais de la dinde hachée qui a été retexturée pour lui redonner un format de viande. Dans les cordons bleus, ce n'est pas de la volaille mais de la peau de volaille - une horreur diététique! Et, à la place des fromages, on sert des "spécialités fromagères", des cochonneries bourrées de polyphosphates."
"Un marché sur deux est attribué par favoritisme ou corruption. Et quand des parents d'élèves demandent une vérification, il arrive trop souvent que le maire ne fasse rien ou mandate un cabinet-conseil bidon."
Et bon appétit bien sûr.
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