"Le collège. - Il donnait, comme tous les collèges, comme toutes les prisons, sur une rue obscure [...]."
Vallès, L'enfant.
lundi 29 août 2011
Citation
" A tous ceux
qui crevèrent d'ennui au collège
ou
qu'on fit pleurer dans la famille,
qui, pendant leur enfance,
furent tyrannisés par leurs maîtres,
ou rossés par leurs parents
Je dédie ce livre."
Jules Vallès, L'enfant.
mercredi 13 juillet 2011
Barbier
Ha celui-là...
Barbier mon prof de français de 5ème. Enfin prof, c'est un bien grand mot. Notre déchet de français de 5ème je devrais dire.
Monsieur Barbier, donc, vieux monsieur alcoolique et déjanté qui attendait la retraite en titubant sur l'estrade.
Avec lui, les heures de classe frôlaient l'absurde et le grotesque. Qu'on se figure une trentaine d'enfants d'onze ou douze ans, assis à leur place en attendant que... ça passe.
Cette année-là nous n'avons rien fait en français avec monsieur Barbier. Lui déblatérait au tableau, très vite nous n'écoutions plus ses divagations. Chacun s'occupait à sa guise, les plus studieux faisant leurs devoirs, d'autres discutaient à voix haute, d'autres encore jouaient aux cartes.
Monsieur Barbier n'avait pas le vin mauvais, il était habituellement calme dans ses élucubrations. Une fois une élève a pissé au fond de la classe, et je me souviens qu'une chaise a volé subitement. Mais à part ça c'était plutôt calme.
Monsieur Barbier était un pauvre homme sans doute, et finalement courageux de continuer à remplir tant bien que mal sa charge. Toute l'année où j'ai dû le fréquenter, je l'ai vu vêtu de son vieux costume gris pâle et élimé. Il était mal rasé, il sentait l'urine. Entre déchéance et dignité...
Mais l'administration ayant l'esprit pratique, et certainement gênée aux entournures par cette situation ubuesque, nous a octroyé cette année-là du rab de français ! Barbier n'était plus un prof mais il fallait le garder à tout prix je suppose. Alors pour ne pas trop tailladé l'égalité de nos chances avec nos camarades moins infortunés que nous, une heure de français nous fût offerte le mercredi, avec une collègue plus classique.
Elle, était plutôt tendue; la situation sans doute.
Un jour, particulièrement remontée, elle nous remettait nos rédactions. Le sujet en était: "Si vous étiez un insecte, racontez".
Elle commentait très sévèrement chaque copie avant de la remettre à son auteur. Les notes étaient mauvaises, les annotations assassines. La mienne seule avait trouvé grâce à ses yeux, ce qui lui permit d'humilier tous ces fichus élèves si moyens en me la rendant, leur promettant bien que ce n'était pas demain la veille qu'ils seraient capables, eux, de produire ce genre de travail...
Et de lâcher pour finir le cours : "C'est vous les cloportes !".
Barbier mon prof de français de 5ème. Enfin prof, c'est un bien grand mot. Notre déchet de français de 5ème je devrais dire.
Monsieur Barbier, donc, vieux monsieur alcoolique et déjanté qui attendait la retraite en titubant sur l'estrade.
Avec lui, les heures de classe frôlaient l'absurde et le grotesque. Qu'on se figure une trentaine d'enfants d'onze ou douze ans, assis à leur place en attendant que... ça passe.
Cette année-là nous n'avons rien fait en français avec monsieur Barbier. Lui déblatérait au tableau, très vite nous n'écoutions plus ses divagations. Chacun s'occupait à sa guise, les plus studieux faisant leurs devoirs, d'autres discutaient à voix haute, d'autres encore jouaient aux cartes.
Monsieur Barbier n'avait pas le vin mauvais, il était habituellement calme dans ses élucubrations. Une fois une élève a pissé au fond de la classe, et je me souviens qu'une chaise a volé subitement. Mais à part ça c'était plutôt calme.
Monsieur Barbier était un pauvre homme sans doute, et finalement courageux de continuer à remplir tant bien que mal sa charge. Toute l'année où j'ai dû le fréquenter, je l'ai vu vêtu de son vieux costume gris pâle et élimé. Il était mal rasé, il sentait l'urine. Entre déchéance et dignité...
Mais l'administration ayant l'esprit pratique, et certainement gênée aux entournures par cette situation ubuesque, nous a octroyé cette année-là du rab de français ! Barbier n'était plus un prof mais il fallait le garder à tout prix je suppose. Alors pour ne pas trop tailladé l'égalité de nos chances avec nos camarades moins infortunés que nous, une heure de français nous fût offerte le mercredi, avec une collègue plus classique.
Elle, était plutôt tendue; la situation sans doute.
Un jour, particulièrement remontée, elle nous remettait nos rédactions. Le sujet en était: "Si vous étiez un insecte, racontez".
Elle commentait très sévèrement chaque copie avant de la remettre à son auteur. Les notes étaient mauvaises, les annotations assassines. La mienne seule avait trouvé grâce à ses yeux, ce qui lui permit d'humilier tous ces fichus élèves si moyens en me la rendant, leur promettant bien que ce n'était pas demain la veille qu'ils seraient capables, eux, de produire ce genre de travail...
Et de lâcher pour finir le cours : "C'est vous les cloportes !".
jeudi 27 janvier 2011
Diallo
Je me souviens très bien de la première impression qu'elle m'a faite. Un matin très gris de septembre, elle est tournée vers la fenêtre pendant que chacun de nous s'installe.
Elle observe la cour, le regard morne et blasé.
C'est notre premier jour avec Diallo.
Diallo, la pire prof du lycée, dont la réputation la précède jusqu'au collège voisin. Une prof de maths.
Elle est petite, voûtée, la bonne cinquantaine.
Elle porte une blouse blanche, c'est une scientifique.
Ce matin-là, elle attend que la classe soit installée, et même une fois chaque élève assis et prêt à écouter, elle attend, se payant le luxe de nous ignorer. Sa mise en scène est efficace.
Je la regarde, elle est sinistre. Un abîme d'autorité, de méchanceté, de désenchantement. A cet instant, c'est l'image d'une tortionnaire nazie qui me vient à l'esprit, c'est ainsi que je la nommerai toute cette année de première, et la réalité ne me contredira pas une seule fois.
Le teint terne, l'œil morne et implacable, elle ne sourit jamais. Son ton est glacial, volontairement déstabilisant. Nous allons souffrir.
C'est ainsi que se déroule une année scolaire banale pour une trentaine de jeunes gens de 16 ans. Cet âge délicat, qui devrait être rempli d'envies et d'élan.
Et à l'âge où Jean-Jacques Rousseau s'échappait de sa condition d'apprenti, partait à la conquête du monde et pouvait dire "Ainsi je marchais légèrement; [...] les jeunes désirs, l'espoir enchanteur, les brillants projets remplissaient mon âme.", moi-même, comme tant d'autres, j'étais réduite à endurer la tyrannie d'une prof névrosée au dernier degré, usée jusqu'à l'os par son beau métier de mâton, et qui non contente de régner en toute légalité sur ce jeune troupeau d'aspirants à la vie, brisait méthodiquement tout ce que notre jeunesse nous promettait.
Très vite la classe s'habitue docilement à supporter cette horreur quotidienne. Les meilleurs s'en accommodent, la plupart comme moi décroche lamentablement. J'ai renoncé assez vite à comprendre les cours, puis enfin à seulement les écouter. A plusieurs reprises durant l'année je suis interrogée, je me lève, j'écoute les questions et je raconte n'importe quoi. Quelques remarques cinglantes dont j'ai oublié la teneur exacte: c'est à cette époque que j'ai commencé à dissimuler un écouteur sous mes cheveux, de la musique dans une oreille, dérisoire tentative pour s'extraire de ce lieu de torture.
Nous avons beaucoup transpiré la peur avec Diallo: après chaque cours, les vitres sont couvertes de condensation, et la salle empeste comme jamais. L'atmosphère est délétère. Les élèves qui nous succèdent nous charrient.
Une seule fois dans l'année, Diallo nous a fait le cadeau d'être absente. Lorsque nous l'apprenons, la classe entière explose d'une joie macabre, excessive: en secret, chacun espère qu'elle est malade ou endeuillée.
Les maths ont naturellement traumatisé des générations successives d'élèves pleins de bonne volonté. L'absurde sélection par les maths, qui a volé à des millions d'élèves une disponibilité intellectuelle tellement nécessaire à d'autres sujets, qui a convaincu tant de jeunes gens qu'ils étaient promis à un destin médiocre ou brillant selon leurs résultats, ces maths enfin qui ont dégoûté et détourné tant de monde de l'indispensable esprit scientifique.
Diallo, était l'avatar extrême de cette triste réalité scolaire: nous avons presque tous pleuré pendant ses cours au moins une fois dans l'année; oui, même des brillants garçons de 16 ans, persécutés, humiliés, piétinés.
Chaque jour elle désignait une nouvelle victime, et tous du haut de notre amère jeunesse, nous nous sommes offerts en holocauste à sa cruauté.
Je n'ai rien appris en maths avec elle, mais comme j'ai progressé en résignation et en soumission.
J'y suis passée comme tant d'autres; hé quoi, je n'en suis pas morte direz-vous.
Soyez sûr que l'école n'a pas de sang sur les mains.
Elle observe la cour, le regard morne et blasé.
C'est notre premier jour avec Diallo.
Diallo, la pire prof du lycée, dont la réputation la précède jusqu'au collège voisin. Une prof de maths.
Elle est petite, voûtée, la bonne cinquantaine.
Elle porte une blouse blanche, c'est une scientifique.
Ce matin-là, elle attend que la classe soit installée, et même une fois chaque élève assis et prêt à écouter, elle attend, se payant le luxe de nous ignorer. Sa mise en scène est efficace.
Je la regarde, elle est sinistre. Un abîme d'autorité, de méchanceté, de désenchantement. A cet instant, c'est l'image d'une tortionnaire nazie qui me vient à l'esprit, c'est ainsi que je la nommerai toute cette année de première, et la réalité ne me contredira pas une seule fois.
Le teint terne, l'œil morne et implacable, elle ne sourit jamais. Son ton est glacial, volontairement déstabilisant. Nous allons souffrir.
C'est ainsi que se déroule une année scolaire banale pour une trentaine de jeunes gens de 16 ans. Cet âge délicat, qui devrait être rempli d'envies et d'élan.
Et à l'âge où Jean-Jacques Rousseau s'échappait de sa condition d'apprenti, partait à la conquête du monde et pouvait dire "Ainsi je marchais légèrement; [...] les jeunes désirs, l'espoir enchanteur, les brillants projets remplissaient mon âme.", moi-même, comme tant d'autres, j'étais réduite à endurer la tyrannie d'une prof névrosée au dernier degré, usée jusqu'à l'os par son beau métier de mâton, et qui non contente de régner en toute légalité sur ce jeune troupeau d'aspirants à la vie, brisait méthodiquement tout ce que notre jeunesse nous promettait.
Très vite la classe s'habitue docilement à supporter cette horreur quotidienne. Les meilleurs s'en accommodent, la plupart comme moi décroche lamentablement. J'ai renoncé assez vite à comprendre les cours, puis enfin à seulement les écouter. A plusieurs reprises durant l'année je suis interrogée, je me lève, j'écoute les questions et je raconte n'importe quoi. Quelques remarques cinglantes dont j'ai oublié la teneur exacte: c'est à cette époque que j'ai commencé à dissimuler un écouteur sous mes cheveux, de la musique dans une oreille, dérisoire tentative pour s'extraire de ce lieu de torture.
Nous avons beaucoup transpiré la peur avec Diallo: après chaque cours, les vitres sont couvertes de condensation, et la salle empeste comme jamais. L'atmosphère est délétère. Les élèves qui nous succèdent nous charrient.
Une seule fois dans l'année, Diallo nous a fait le cadeau d'être absente. Lorsque nous l'apprenons, la classe entière explose d'une joie macabre, excessive: en secret, chacun espère qu'elle est malade ou endeuillée.
Les maths ont naturellement traumatisé des générations successives d'élèves pleins de bonne volonté. L'absurde sélection par les maths, qui a volé à des millions d'élèves une disponibilité intellectuelle tellement nécessaire à d'autres sujets, qui a convaincu tant de jeunes gens qu'ils étaient promis à un destin médiocre ou brillant selon leurs résultats, ces maths enfin qui ont dégoûté et détourné tant de monde de l'indispensable esprit scientifique.
Diallo, était l'avatar extrême de cette triste réalité scolaire: nous avons presque tous pleuré pendant ses cours au moins une fois dans l'année; oui, même des brillants garçons de 16 ans, persécutés, humiliés, piétinés.
Chaque jour elle désignait une nouvelle victime, et tous du haut de notre amère jeunesse, nous nous sommes offerts en holocauste à sa cruauté.
Je n'ai rien appris en maths avec elle, mais comme j'ai progressé en résignation et en soumission.
J'y suis passée comme tant d'autres; hé quoi, je n'en suis pas morte direz-vous.
Soyez sûr que l'école n'a pas de sang sur les mains.
lundi 15 novembre 2010
Et on tuera tous les affreux: Lepri
Jean-Pierre Lepri est un ancien inspecteur de l'Education nationale. Entre autres casquettes.
Sa longue expérience de l'école et des apprentissages lui ont permis de mener des réflexions personnelles qu'il partage notamment par le biais du site: http://www.education-authentique.org/
Il y résume sa découverte ainsi: "Apprendre m'est naturel, comme respirer ou dormir. Organiser cet apprendre en éducation-formation, c'est introduire des biais qui peuvent, à mon insu, causer plus de mal que de bien."
Cette pensée, pleine de bon sens de prime abord, va être déclinée abondamment au cours de lettres d'information, conférences et séminaires.
Par exemple la vidéo suivante a beaucoup circulé et est édifiante:
Pour résumer, on y apprend "qu'apprendre n'est pas être enseigné". Voilà pour le fond.
Cependant la forme que prend ce message est très intéressante à analyser.
Tout d'abord Lepri adopte, jusqu'à la caricature, la posture de l'enseignant, du prof, du formateur, pourtant tant honni dans son discours. Il emprunte abondamment au jargon universitaire (qu'il récuse pourtant dans certains textes): "le paradigme de l'apprendre"; il adore les couples de mots "enseignant/enseigné", "formateur/formaté" etc; il ne nous épargne pas d'ailleurs l'inévitable tableau à feuilles pour y tracer les tout aussi inévitables schémas qui donnent un air si savant à son exposé.
On pourrait ajouter que mêmes ses qualités d'orateur sont dignes des profs les plus ennuyeux que nous avons tous connus à l'école. On sent que Lepri n'a jamais eu à faire trop d'efforts pour être écouté: l'autorité dont il a pu jouir en tant que prof, inspecteur ou expert n'a pas développé chez lui le goût d'être passionnant.
Ses "écoutants" quant à eux se fondent dans le moule également: il y a le studieux qui prend des notes, celui qui se prend la tête en écrivant, celui qui écoute concentré, celui qui joue avec ses lunettes, celui qui écoute ou fait semblant d'écouter, le regard dans le vague. Tous les profils habituels qu'un prof peut avoir face à lui dans une salle de classe.
Un autre exemple parmi d'autres de ce décalage entre la théorie et la pratique selon Lepri, dans ce document publié sur le site de Meirieu, et qui n'augure donc pas très bien: "apprendre viablement la viabilité" qui entend traiter de l'éducation au développement durable . Là encore beaucoup de jargonnage (expérientiel, éducation-action), et une partie consacrée à l'enseignement scolaire, tout ce qu'il y a de plus banal: essayer de mettre du sens dans les apprentissages, en reliant les notions abordées avec la vie quotidienne de l'élève. Rien de bien révolutionnaire donc.
C'est ainsi qu'on peut se demander la finalité de la démarche; poser que le schéma classique élève/professeur doit être dépassé, pour aboutir concrètement à des petites touches insignifiantes de changement, à la participation active à des colloques sur les pédagogies alternatives. Lepri, entre incohérence et faux-semblants.
Cette répartition classique des rôles, avec celui qui sait, et qui parle, et ceux qui ne savent pas, et qui écoutent, tranche bougrement avec le discours du maître.
C'est qu'il n'y a pas de dialogue avec Lepri, il dit, et c'est tout: il y a seulement "à considérer".
Sa lettre d'information le précise explicitement: "il n’y a, en effet, ni à approuver, ni à réfuter".
Ce refus du dialogue, de la discussion ou même du débat (soyons fou) est récurrente chez Lepri: son objet n'est pas "de convaincre, et encore moins de lutter".
N'est-il pas étrange qu'un homme, pour qui apprendre est tellement naturel, ait besoin de le professer à qui mieux-mieux ? Pas plus étrange après tout que de monter des méthodes et des organismes de certification pour communiquer, cette aptitude pourtant si naturelle.
Je me suis laissée dire qu'en séminaire, il ne faisait pas bon se placer sur le terrain de la discussion, sous peine de se faire recadrer rapidement par les plus fervents partisans du maître. "Tu as ton avis, j'ai le mien" et basta.
On rapprochera ce refus de la confrontation avec l'implication de Lepri dans le monde de la Communication Non Violente: il est membre du conseil d'administration du groupe européen de Communication NonViolente.
La Communication prétendument non-violente entend "favoriser une qualité de relations qui va permettre de répondre aux besoins des uns et des autres en étant uniquement motivé par l 'élan du cœur et la joie de le faire"
Lepri s'inspire beaucoup de la CNV et cite copieusement Rosenberg, pour qui, rappelons-le, "Il est important de voir que la spiritualité est au cœur de la CNV, et de garder cela à l'esprit quand on apprend les étapes du processus. L'art de vivre que j'essaie d'enseigner est véritablement une pratique spirituelle."
Lepri est également impliqué dans l'écologie, il s'est présenté sous l'étiquette Alliance Écologiste Indépendante, aux élections régionales en bourgogne pour l'année 2010.
Le programme du CREA figure sur le site demainmaintenant, qui arbore ce courageux avertissement sur sa page d'accueil: "L'association Demain Maintenant décline toute responsabilité pour tout contenu illicite ou enfreignant les droits des individus. Chaque membre de ce réseau est responsable des opinions exprimées et contenus mis en ligne."
On rapprochera ces précautions étranges des innombrables mises en garde de Lepri comme "Le CREA n’est inféodé à aucun parti, religion, philosophie, gourou [...] Le CREA ne vend rien, ne demande aucune adhésion, signature, approbation, engagement[...] À toute heure, je peux en sortir".
lundi 8 novembre 2010
C'est bon pour la santé

Cette chanson de Pierre Perret m'a bien fait rigoler.
Je comprends pas maman, que ça t'affole
Ça qu'on mange à la cantine de l'école
Ils l'on bien précisé, tout est pulvérisé
Traité, piqué, aseptisé, ça peut pas nous peser
Pourtant elle montre une réalité cruelle, éducation industrielle, bouffe industrielle.
Et y a pas intérêt à moufeter pendant qu'on avale, comme en classe.
Je me souviens de ma cantine en primaire, on n'avait pas le droit de boire avant d'avoir fini le plat principal.
Il n'y a pas de pouvoir, il n'y a que de l'abus de pouvoir.
Dans le journal de ma commune dernièrement, un article sur la restauration scolaire.
"Du bio dans les assiettes" annonce le titre ronflant. Enfin à hauteur de 10% pour cette année. Les habitudes, les filières, tout ça. Les petites bouches attendront pour manger sain. Mais qu'elles se rassurent, la prestation sera assurée "par l'une des sociétés major". Ça augure bien.
Pas si loin de chez nous Jamie Oliver a essayé de faire bouger les choses dans les cantines scolaires. Assez édifiant de voir les choses de l'intérieur, l'ampleur de la catastrophe, la logique économique qui règne en maître, les élèves étant au bout de la chaîne de production, à consommer ce qu'on leur propose comme des poulets de batterie, au mépris du bon sens, de leur santé, de leur dignité. Vraiment glaçant.
Dans l'express on peut lire un entretien entre les deux auteurs du livre Cantines, le règne de la mal-bouffe ? aux Editions Mordicus.
Philippe Durrèche: "Il faut commencer par rappeler que 80% des villes délèguent leur restauration scolaire à des sociétés privées, dont le seul objectif est de gagner de l'argent avec des repas qui coûtent 2 euros l'unité. Comment faire? On rogne sur la matière première. Au lieu du gigot, on met des boulettes d'agneau. Dans la paupiette de veau, l'escalope de veau n'est pas de l'escalope, trop chère, mais de la dinde hachée qui a été retexturée pour lui redonner un format de viande. Dans les cordons bleus, ce n'est pas de la volaille mais de la peau de volaille - une horreur diététique! Et, à la place des fromages, on sert des "spécialités fromagères", des cochonneries bourrées de polyphosphates."
"Un marché sur deux est attribué par favoritisme ou corruption. Et quand des parents d'élèves demandent une vérification, il arrive trop souvent que le maire ne fasse rien ou mandate un cabinet-conseil bidon."
Et bon appétit bien sûr.
mercredi 7 juillet 2010
Tous des matons

"Ouest-France / Pays de la Loire / La Roche-sur-Yon
La Roche sur Yon
La punition fait bondir les parents
samedi 03 juillet 2010
A Venansault, des enfants ont dû se mettre à genoux pour aller chercher leur repas. « Humiliation » disent les parents.
Ce devait être la fête. Le pique-nique de fin d'année organisé par la cantine municipale de Venansault a tourné au cauchemar pour une dizaine d'enfants de 8 à 11 ans. Des parents n'hésitent pas à employer le mot « humiliation ».
Kléber, le père d'un garçon de 8 ans, raconte : « On leur a infligé une punition en leur faisant remarquer : vous traitez le personnel de la cantine comme des chiens, vous allez manger comme des chiens. Dehors en plein soleil, jeudi, ça cognait. Devant tout le monde, on les a obligés à se mettre à genoux et à aller chercher leur repas à genoux. Mon fils n'avait pas osé en parler, à son retour de l'école, jeudi soir, pensant qu'il avait fait une grosse bêtise. C'est une maman, dont le fils a subi le même sort, qui m'a demandé vendredi si j'étais au courant de ce qui s'était passé. »
Les parents admettent qu'il y a des enfants « difficiles, turbulents ». « C'est le mode de punition qui ne nous plaît pas », soulignent-ils. Du coup, ils ont rencontré le maire, Laurent Favreau, hier soir. L'élu, qui a assisté à la scène, jeudi, promet une réunion en début de semaine prochaine. « C'était un pique-nique organisé à l'extérieur de la salle polyvalente, comme le fait tous les ans l'association qui gère la cantine scolaire », explique-t-il. « J'ai salué des gens. C'est vrai, j'ai vu des enfants à genoux, mais je n'ai pas su les raisons. Je ne connais pas le début de l'affaire. On en discutera lors d'une réunion avec les responsables de la cantine, les parents et la municipalité. »
Les parents n'entendent pas en rester là. Ils ont l'intention de porter plainte, aujourd'hui, à la brigade de gendarmerie de La Roche-sur-Yon."
Je dédie cet article à tous les parents qui pensent être vigilants et impliqués dans la vie de l'école de leurs enfants. Quand le chat n'est pas là...
A noter que le maire à été témoin de la scène mais s'est courageusement abstenu d'intervenir.
Avec cette affaire, je ne peux pas m'empêcher de penser aux fantaisies américaines d'Abou Ghraib.
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