lundi 7 juin 2010

Et on tuera tous les affreux: Meirieu

"D’autant plus que c’est bien « l’élève » et non pas « l’enfant » qu’il s’agit de mettre au centre du système : « l’élève » défini justement comme « un enfant confronté aux savoirs par un adulte ». L’élève qui est le seul à devoir et pouvoir apprendre… même si la responsabilité du maître demeure immense et irremplaçable : créer obstinément les conditions les plus favorables pour que s’opère cet apprentissage."

Philippe Meirieu "Lettre à un ami ministre (Luc Ferry)"


Philippe Meirieu est le prototype de l'homme de gauche, qui a décidé d'œuvrer dans le domaine éducatif. De ce fait l'école est pour lui un pilier républicain intouchable qui doit garantir l'égalité de tous. Sans originalité il défend la Pédagogie, plaçant hypocritement l'élève au cœur de ses attentions. Il se prend régulièrement le bec avec ses adversaires de droite, prônant inlassablement le changement de méthode; toutes les méthodes ont été essayées mais il faut persévérer ! Il perçoit vaguement la contradiction qu'il y a à vouloir intéresser de force un élève à des notions choisies par un adulte (il a été membre du conseil national des programmes), du coup il oscille cahin-caha entre la fermeté et la fausse bienveillance, la pédagogie (une ruse) étant bien sûr le moyen de résoudre cette inconséquence.

"- pendant son éducation, l'enfant doit donc rester sous la sujétion des adultes qui décident de son éducation en lui "présentant le monde... " ce n'est qu'après l'éducation, quand celle-ci est terminée que le sujet peut se dégager de l'emprise éducative et exercer sa liberté."

Cours de pédagogie n°5

Ses cours de pédagogies sont saisissants, remplis de schémas en couleur et de citations de maîtres, une sorte de délire universitaire totalement creux et artificiel où Meirieu finit par se citer lui-même, vraiment très inquiétant.

Meirieu a de la culture, il aime honorer ses prédécesseurs dans le domaine de la pédagogie. J'ai découvert sur son site Albert Thierry, "L'homme en proie aux enfants", qui résume magistralement la situation de ce pauvre Meirieu, entre désenchantement, bonne volonté et fantasmes autoritaires mal assumés.

"J'admire l'efficace de ma pédagogie contre les garçons qui choisissent dans la manne. J'ai mission de leur fournir de la culture : ils l'avaleront, dussé-je appliquer la question de l'eau."

"Je vis un jour le Marcel brun souffrir sous ma pensée comme on souffre sous le fer rouge."

Albert Thierry, "L'homme en proie aux enfants"


Philippe Meirieu n'est pas qu'un homme d'idées, il agit concrètement et s'investit depuis peu dans l'action politique, il utilise avec succès la mascarade électorale et comme beaucoup de ses camarades lassés des échecs du PS, il arbore l'étiquette gagnante d'Europe Ecologie.

Philippe Meirieu a collaboré avec le sinistre Marcel Ruffo récemment en commettant le livre Élever votre enfant de 6 à 12 ans.

Le mot de la fin au pétulant Albert Thierry:
"Je consens [...] que des idéals de ma jeunesse vous fassiez un fumier pour les vôtres."
Et l'on ne va pas se gêner.

mercredi 26 mai 2010

- École: Petites violences ordinaires à la sauce nippone -

Le Régal de janvier/février 2010 propose un article passionnant sur la cantine
scolaire au Japon.

Un article rédigé par une maman japonaise invitée à la fête de l'école de sa fille de 9 ans qui nous raconte donc comment se passent les repas des enfants japonais scolarisés.
Le plus déconcertant il me semble: l'écolier ne déjeune pas dans une cantine ou un réfectoire mais à son pupitre, à sa table de travail, dans sa salle de classe et face à son enseignant. Une photo illustre la scène:




















Ainsi donc à partir de 6 ans je suppose, les petits japonais scolarisés mangent seuls, dans le lieu-même où ils étudient, où ils travaillent; en présence de leur professeur. Par conséquent pas de table commune, pas de discussions avec les camarades, d'interaction, de trêve, en un mot de liberté. Le repas se déroule dans la continuité du temps de travail: l'élève ingurgite les connaissances, puis avale son repas.
Loin de moi la volonté d'idéaliser la bonne vieille cantoche de notre enfance mais là je dois dire que faire manger un petit enfant à son poste de travail avec pour seul horizon le dos de ses camarades et la face de son prof...

Je me souviens très bien de mes déjeuners à la cantine en primaire, repas très moyens (le hachis parmentier super, le céleri rémoulade atroce, le reste simplement industriel), surveillants autoritaires (interdiction de boire de l'eau avant de manger), le réfectoire très bruyant (défoulement légitime), mais à côté de ça un répit tout de même, des conversations, des déconnades, des trucs d'enfants en somme, quelquechose qui s'apparentait à de la convivialité.

Mais revenons à cet article édifiant; le service est assuré par les enfants eux-mêmes, à tour de rôle. Ils apportent les plateaux, débarrassent et nettoient les tables. Ils portent des masques et des tenues blanches pour "ne pas salir la nourriture".
Je ne sais pas si les japonais sont particulièrement portés sur l'hygiène, ou si la nourriture revêt là-bas une sorte de caractère un peu sacré mais l'idée de porter des protections lors des repas me
hérisse particulièrement, évoque pour moi l'hôpital, la prison, l'institution. Comme si la personne était sale, souillée, contaminée ou encore comme si la nourriture raffinée qu'on lui sert s'adressait à quelqun de plus digne qu'elle.

Ceci étant dit et Régal étant un magazine consacré à la cuisine, on revient rapidement à la cuisine elle-même: les menus sont établis par des nutritionnistes, selon la saison, et donc sains, équilibrés et délicieux. Le lecteur salivera à l'évocation de gambas panées ou d'anguille en sauce douce.




















L'auteur précise cependant: "Souvent, les enfants ne mangent pas comme il faut. Alors les adultes les forcent, du coup, parfois, la cantine devient pour eux un cauchemar...". C'est honnête de sa part de le reconnaître, et cela valorise sans doute les petits élèves qui sont à la dure dès l'enfance, gage de réussite future grâce à la discipline ainsi acquise.

Japon, fascinant Japon... sa culture raffinée, ses fleurs de cerisiers emportées par le vent, sa technologie de pointe en matière de robotique; c'est tout cela le Japon, et finalement rien d'étonnant à ce que cela commence dès le berceau, dès l'école.

samedi 22 mai 2010

Manger pour oublier

"Parfois, c'est horrible je sais, j'ai des vœux de mort envers mes instituteurs pour toutes les remarques désobligeantes à mon égard et leur manque de psychologie"

"Je me souviens qu'on m'a reproché de réciter du Anatole France trop tristement, je me souviens qu'on m'a fait pleurer jusqu'à ce que je hoquette d'une voix entrecoupée de sanglots les couplets stupides d'une chanson qui s'appelait "Toc le tapir", je me souviens qu'on a convoqué mes parents parce que je n'avais pas su reproduire un tube digestif."

Le blog de Patoumi

samedi 15 mai 2010

21,6%

C'est le nombre de "lecteurs inefficaces" repérés au cours de la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) 2008.
Source: Eduscol

lundi 12 avril 2010

Anthologie de la connerie militaire d'expression française.

Conjugaison. -Être patriote: au passé et au plus-que-parfait du subjonctif, - au participe (présent et passé).
Nos lectures. CM, CH. Charrier. Ed. Hatier (1918).

Ainsi Paul est docile et bon, studieux à l'école; on peut dès maintenant prédire qu'il sera un honnête homme.
Cours d'histoire. G. Ducoudray. Ed. Hachette 1895.

Rester toujours souriants et montrer dans la description des calamités historiques une bonhommie contagieuse.
Instructions aux professeurs. B.O. de l'Education Nationale, cité par J. Teppe.

Anthologie de la connerie militaire d'expression française. Vol. I, Lucien Seroux, AAEL.

samedi 10 avril 2010

Gastineau

J'initie avec cet article une nouvelle catégorie dans ce blog, celle des portraits de prof.

Gastineau, donc, était mon prof de physique/chimie en 3ème, si je me souviens bien.
Je l'aimais bien, car il était plutôt du type marrant, et en rogne contre un système dont il était un des principaux rouages pourtant. Il passait toujours une partie du cours à pester contre le fonctionnement aberrant de l'institution, le manque de moyens pour rendre les cours plus intéressants et d'autres détails encore que j'ai oubliés depuis mais qui sur le moment me distrayaient des cours en effet assez ennuyeux, notamment le trimestre affreux consacré à l'étude de l'électricité.

Gastineau était un jeune prof, assez conscient des dysfonctionnements et des contradictions de l'école, qui s'efforçait d'amener le progrès "de l'intérieur", comme disent ceux qui y croient.
Il nous demandait de mettre nos parents à contribution pour lui procurer le matos nécessaire pour réaliser des manips en classe. J'avais participé, assez fière de pouvoir lui faire passer quelques litres de produits chimiques. Tout cela amenait un peu de vie dans la triste mécanique en quoi consiste la vie d'un écolier, un petit parfum de révolte, de débrouille et de connivence avec le Prof, celui qui juché sur son estrade, portant le savoir, le pouvoir de sanction, est craint et haït mais qu'on ne tutoie jamais.

Gastineau à la fin du mois de juin, lorsque les cours sont terminés mais que notre présence est tout de même requise dans l'établissement, nous faisait fabriquer des petits circuits électriques; je me disais à cette occasion que « 100 000 Ω » ferait un très bon nom de groupe de rock lorsque les composés vinrent à manquer. Il déclara alors: "Et le combat cessa, faute de résistances" et j'ai toujours conservé ce souvenir du prof de sciences un peu lettré.
Je ne fus donc pas tellement surprise en découvrant dans un magazine il y a quelques années que François Gastineau avait écrit un livre, sur son père disparu très tôt dans son enfance; et de découvrir un pan entier et intime de la vie de ce prof, comment lui aussi fût balloté par la vie, y fît son trou, comme tout un chacun, y prît sa place, petit rouage de la grande machine.

Gastineau un jour en fin d'année, pendant un de ses discours sur le système, comment le contourner, comment s'y fondre pour mieux le détourner, nous avait déclaré que parmi nous, seuls trois élèves auraient un bac C et ferait certainement une brillante carrière scientifique. Il s'agissait de Sarah, de Christel, et de Mohammed.
Sarah était mon amie, je l'ai fréquentée assez longtemps pour savoir qu'en effet la prévision s'est révélée exacte. Christel a passé un bac A, la dernière fois que je l'ai croisée il y a quelques années elle était commerciale dans je ne sais plus quelle boîte. Mohammed en revanche a disparu de la circulation très vite et je ne suis pas bien certaine que son avenir ait été si radieux que prévu.
Moi je ne faisais donc pas partie du lot, selon Gastineau. A ce titre je le compte parmi tout ceux de l'Éducation Nationale ayant participé à saper mes espoirs professionnels puisque c'est à peu près à cette époque de ma vie que je me destinais vaguement à devenir biologiste. Il ne fût pas le seul loin de là, puisque les conseillers d'orientation que j'ai eu l'infortune de croiser m'ont tous explicitement découragée dans cette voie, notamment à cause de mes résultats en maths, mais j'aurai l'occasion d'y revenir plus en détails une autre fois.

mardi 30 mars 2010